Aujourd’hui c’était le premier jour d’un apprentissage qui n’a pas grand-chose à envier au bon compagnonnage de nos anciens: au contact du maître de la discipline (absent pour mon premier jour), un néophyte (c’est moi) est poussé à le dépasser. Bref, le but de l’opération est simple mais n’en reste pas moins paradoxal, si bien que j’ai des doutes sur l’honnêteté de la démarche. Enfin. Accessoirement, le maître en question estime juste de financer mes études à 100 %. D’où mes doutes, forcément.

Dans mon secteur, c’est structurel, les gens sont vieux, à tendance ringards de préférence. Il y a unstagiaire, UN, de 23 ans (en général c’est plutôt de 230 ans mon aîné), et il se promène avec un ballon sur lequel est écrit en lettres festives “Bonne retraite !”, et non il ne fait pas ça pour le côté cocasse de la chose, il fait ça le plus naturellement du monde. Tout est dit. Ah non, aussi : il passe sa journée avec des ménagères de 50 ans qui parlent -véridique- de leur stock de boîtes de conserve. Gageons que je vous reparlerai de Joël le stagiaire… C’est ça que j’aime avec la logistique : on risque pas d’y croiser trop de requins affamés de containers. Les containers, ça fait mal aux dents. Pas un hasard si je donne dans la carosserie… Les gens qui ont des grandes dents ont qu’à aller se les faire sur des comptes de résultat, pas forcément plus digestes, mais moins casse-dents (à débattre?).
A noter aussi que la secrétaire du département est si fascinée par son travail qu’elle est prête à faire toutes mes démarches, je dis bien toutes, sans savoir le moins du monde, j en ai eu la preuve, se servir d’internet, pour faire de moi une nouvelle piocheuse du trou de la sécu. Six ans, quatre visites dans trois CHU, vingt points de suture, et pas de sécu. Je suis pas peu fière. Enfin bref, j’ai bien peur de devoir grandir en accéléré ces prochains mois: “comment ça, vous avez pas de sécu ? et si ….et si…? non mais c’est de l’inconscience ! et puis je peux pas vous rentrer dans la base de données, moi…pfff”. L’obsession sécuritaire des grands, je croyais que ça s’arrêtait à 18 ans. Mais non, on veut faire de nous des gens “safe”, “viables”, à tout prix. Soit. M’enfin je vous en réserve de bonnes, mon bon monsieur de la RH (en jean à moustache-veste), you have no idea…
Pour célébrer mon premier jour (à ce rythme, tous les jours seront fêtés, je vous prie de le croire), je me suis acheté des livres, que ça fait longtemps que je veux les lire. The Dharma Bums, et aussi “Je vivais seul, dans les bois…”. Et je voulais m’offrir quatre bons disques, mais l’offre était réservée aux adhérents FNAC. Je hais la FNAC et son club de lecteurs d’ Ana Gavalda et consorts à prix discount. Ya France Loisirs pour ça, merde à la fin.

